L'essentiel
Un métré de ravalement part de la surface brute de chaque pan (rectangle, triangle de pignon ou trapèze), dont on déduit les fenêtres et les portes pour obtenir la surface réellement enduite ou peinte. Les tableaux, les appuis, le soubassement et les angles se comptent à part, en mètres linéaires. L’échafaudage, lui, couvre le mur entier : il se compte au vide pour plein, sur le tour réel du bâtiment au sol.
Par l'équipe Facia · Publié le · Mis à jour le
Vide pour plein ou hors ouvertures : faut-il déduire les fenêtres ?
Le vide pour plein consiste à compter la surface brute du mur comme s’il n’était pas percé : les ouvertures ne sont pas déduites, et le temps passé autour des baies est réputé compenser la surface non traitée. L’autre convention, hors ouvertures, retire la surface de chaque fenêtre et de chaque porte, puis chiffre à part le travail des tableaux et des appuis.
Aucune de ces conventions ne s’impose d’office à tous les chantiers. Dans un marché avec descriptif, le mode de métré se lit dans le CCTP ou le bordereau de prix ; certains descriptifs ne déduisent les ouvertures qu’au-delà d’une surface donnée. Ce seuil varie d’un marché à l’autre : appliquez celui qui est écrit, sans le supposer.
La surface hors ouvertures a un second usage : c’est sur elle que se lit l’obligation d’isoler lors d’un ravalement important, prévue à l’article R173-4 du code de la construction et de l’habitation. La fiche explicative diffusée par les services de l’État précise que le seuil de 50 % s’apprécie façade par façade, hors ouvertures. Le détail des conditions est dans le guide ravalement et obligation d’isolation.
Comment compter les tableaux, les voussures, les appuis et les linéaires ?
Quand les ouvertures sont déduites, le pourtour des baies se chiffre à part. Le tableau désigne les faces de maçonnerie en retour de chaque côté de la baie (les jambages) ; la voussure est la sous-face du linteau. Les deux se comptent ensemble : deux jambages et un linteau par baie, soit deux fois la hauteur plus une fois la largeur.
La quatrième face, en bas, n’entre pas dans le tableau : c’est l’appui, compté séparément sur la largeur de la baie. Une porte d’entrée et une porte de garage descendent au sol et n’ont pas d’appui. Compter le pourtour complet en tableau, puis l’appui en plus, ferait payer deux fois la même largeur.
L’usage le plus répandu est de chiffrer tableaux et appuis au mètre linéaire, en précisant leur profondeur sur le devis. Si le marché les demande en m², multipliez le linéaire par la profondeur relevée sur place. Les autres ouvrages filants se relèvent aussi en mètres linéaires, chacun sous son nom :
- Le soubassement : la bande basse du mur, mesurée au pied des façades et interrompue au droit des portes et du garage.
- Les encadrements et les bandeaux : moulurés ou simplement teintés, ils demandent un traçage et une finition propres.
- Les arêtes et les baguettes d’angle : un angle vertical se compte sur sa hauteur, une fois par angle saillant.
- Les corniches et les génoises : relevées sur leur longueur, au plus près, depuis l’échafaudage si besoin.
Gardez une ligne par nature d’ouvrage : un linéaire sans nom sur un devis, c’est une question du client à la réception.
Comment métrer les pignons et l’échafaudage ?
Un pignon se relève en deux pans sur la même largeur : le rectangle jusqu’à l’égout, puis le triangle jusqu’au faîtage. La surface du triangle vaut la base multipliée par la hauteur, divisée par deux : un pignon de 8 m de large dont la pointe monte de 3 m au-dessus de l’égout ajoute 8 × 3 ÷ 2 = 12 m².
L’échafaudage obéit à une autre logique. Il est monté devant le mur entier, fenêtres comprises : sa surface se compte au vide pour plein, sans déduire les ouvertures. Le Syndicat français de l’échafaudage, du coffrage et de l’étaiement définit d’ailleurs la surface frontale d’un échafaudage de façade comme une simple hauteur multipliée par une longueur.
Pour le linéaire, seul compte le tour réel du bâtiment au sol. Le triangle d’un pignon repose sur le rectangle du dessous : additionner les largeurs de tous les pans compterait deux fois chaque pignon.
Exemple chiffré : le métré complet d’une maison à deux pignons
Prenons une maison rectangulaire de 10 m sur 8 m, à toiture à deux pans. Les deux longues façades mesurent 10 m de large sur 6 m de haut jusqu’à l’égout. Les deux pignons font 8 m de large, 6 m jusqu’à l’égout, et leur pointe monte de 3 m jusqu’au faîtage. Les menuiseries : 8 fenêtres de 1,20 × 1,25 m, 2 petites fenêtres de 0,60 × 0,75 m, une porte d’entrée de 0,90 × 2,20 m et une porte de garage de 2,40 × 2,00 m.
| Poste | Calcul | Quantité |
|---|---|---|
| Façade avant | 10,00 × 6,00 | 60,00 m² |
| Façade arrière | 10,00 × 6,00 | 60,00 m² |
| Pignon est | 8,00 × 6,00 + 8,00 × 3,00 ÷ 2 = 48,00 + 12,00 | 60,00 m² |
| Pignon ouest | 8,00 × 6,00 + 8,00 × 3,00 ÷ 2 = 48,00 + 12,00 | 60,00 m² |
| Surface brute (vide pour plein) | 60,00 × 4 | 240,00 m² |
| 8 fenêtres | 8 × (1,20 × 1,25) = 8 × 1,50 | 12,00 m² |
| 2 petites fenêtres | 2 × (0,60 × 0,75) = 2 × 0,45 | 0,90 m² |
| Porte d’entrée | 0,90 × 2,20 | 1,98 m² |
| Porte de garage | 2,40 × 2,00 | 4,80 m² |
| Ouvertures déduites | 12,00 + 0,90 + 1,98 + 4,80 | 19,68 m² |
| Surface hors ouvertures | 240,00 − 19,68 | 220,32 m² |
Faites glisser le tableau pour voir toutes les colonnes.
Les ouvertures représentent 19,68 m² sur 240 m², soit 8,2 % des murs. Au vide pour plein, l’enduit serait chiffré sur 240 m² ; hors ouvertures, sur 220,32 m², avec les tableaux et les appuis en lignes séparées.
| Poste | Calcul | Quantité |
|---|---|---|
| Tableaux des 8 fenêtres | 8 × (2 × 1,25 + 1,20) = 8 × 3,70 | 29,60 ml |
| Tableaux des 2 petites fenêtres | 2 × (2 × 0,75 + 0,60) = 2 × 2,10 | 4,20 ml |
| Tableaux de la porte d’entrée | 2 × 2,20 + 0,90 | 5,30 ml |
| Tableaux de la porte de garage | 2 × 2,00 + 2,40 | 6,40 ml |
| Total des tableaux | 29,60 + 4,20 + 5,30 + 6,40 | 45,50 ml |
| Appuis (fenêtres seulement) | 8 × 1,20 + 2 × 0,60 = 9,60 + 1,20 | 10,80 ml |
| Soubassement | 36,00 − 0,90 (porte) − 2,40 (garage) | 32,70 ml |
| Baguettes d’angle | 4 angles × 6,00 | 24,00 ml |
| Tour d’échafaudage | 10,00 + 8,00 + 10,00 + 8,00 | 36,00 ml |
| Surface d’échafaudage | vide pour plein, ouvertures non déduites | 240,00 m² |
Faites glisser le tableau pour voir toutes les colonnes.
Les tableaux sont comptés sans l’allège : une fenêtre de 1,20 × 1,25 m donne 3,70 ml de tableau et 1,20 ml d’appui, soit 4,90 ml, exactement son pourtour. Rien n’est compté deux fois. Si le marché compte les tableaux en m² et que leur profondeur relevée est de 0,20 m, les 45,50 ml deviennent 45,50 × 0,20 = 9,10 m².
Pour l’échafaudage, additionner les largeurs des six pans donnerait 10 + 10 + 8 + 8 + 8 + 8 = 52 ml, soit 16 ml de trop sur un tour réel de 36 ml : une erreur de 44 % sur une ligne que le client signe.
Quelles erreurs faussent le plus souvent un métré de façade ?
- Déduire les ouvertures de l’échafaudage. Il couvre le mur entier : sa quantité reste celle du vide pour plein.
- Compter deux fois les pignons dans le tour. Le triangle n’a pas de pied au sol ; seul le périmètre réel sert au linéaire d’échafaudage.
- Facturer l’allège deux fois. Un tableau compté au pourtour complet, plus un appui : la largeur de chaque fenêtre passe deux fois sur le devis.
- Mélanger les conventions. Une surface au vide pour plein avec des tableaux chiffrés en plus rémunère deux fois le pourtour des baies, une fois dans la surface et une fois dans le linéaire.
- Appliquer partout la hauteur la plus forte. Sur un terrain en pente, relevez chaque angle et découpez en trapèzes.
- Oublier les petites surfaces. Retours de murets, avancées d’entrée, décrochés : chacun se relève comme un pan.
- Arrondir chaque ligne avant de totaliser. Gardez les centièmes jusqu’au total, puis arrondissez une seule fois.
Un métré relu avant l’envoi du devis évite la plupart de ces écarts : ils sautent aux yeux dès que chaque quantité affiche son calcul.
Comment Facia calcule-t-il le métré ?
Dans le métré de façade dans Facia, vous saisissez vos cotes pan par pan, et Facia déduit les fenêtres et les portes des m² à traiter, sauf pour l’échafaudage, compté au vide pour plein sur le tour réel au sol. Les tableaux (deux jambages et un linteau), les appuis des fenêtres et des baies et les linéaires relevés passent ensuite, avec leur origine, dans le devis de ravalement.
Sources
- « Ravalement, rénovation de toiture, aménagement de pièces : quand devez-vous isoler ? », fiche de février 2017 diffusée par la DREAL Hauts-de-France
- DRIEAT Île-de-France, « Les ravalements des immeubles parisiens », 2024 : articles R173-4 à R173-7 du code de la construction et de l’habitation
- Syndicat français de l’échafaudage, du coffrage et de l’étaiement (SFECE), « Vérification, descentes de charges sur poteau, échafaudages de façade », février 2018
Ce guide informe : il ne remplace pas le conseil d'un juriste, d'un expert-comptable ou de la mairie pour un chantier donné.
FAQ
Questions fréquentes
Que veut dire « vide pour plein » dans un métré ?
C’est une convention de métré : la surface d’un mur est comptée comme s’il n’avait ni fenêtre ni porte, sans déduire les ouvertures, le travail autour des baies étant réputé compenser la surface non traitée. Elle s’applique toujours à l’échafaudage, monté devant le mur entier. Pour l’enduit ou la peinture, le mode de métré dépend du marché et s’écrit sur le devis.
Faut-il déduire les fenêtres de la surface d’un ravalement ?
Cela dépend de la convention retenue. Au vide pour plein, la surface brute est comptée sans déduction et le travail autour des baies est réputé compensé. Hors ouvertures, on retire chaque fenêtre et chaque porte, puis on chiffre à part les tableaux et les appuis. Dans un marché avec descriptif, appliquez son mode de métré ; sinon, écrivez sur le devis la surface brute, les ouvertures et la surface retenue.
Comment calculer la surface d’un pignon ?
Découpez le pignon en deux pans de même largeur. Le rectangle va du sol à l’égout : largeur multipliée par hauteur. Le triangle va de l’égout au faîtage : largeur multipliée par la hauteur de la pointe, divisée par deux. Un pignon de 8 m de large, haut de 6 m à l’égout avec une pointe de 3 m, fait 48 m² plus 12 m², soit 60 m².
Pourquoi ne pas déduire les ouvertures pour l’échafaudage ?
Parce que l’échafaudage est monté devant le mur entier, fenêtres comprises : il ne s’interrompt pas au droit d’une baie. Sa surface se compte donc au vide pour plein, hauteur multipliée par longueur. Son linéaire suit le tour réel du bâtiment au sol, sans ajouter la largeur des triangles de pignon, qui reposent sur les murs du dessous.
Comment compter les tableaux d’une fenêtre ?
Comptez deux jambages et un linteau : deux fois la hauteur plus une fois la largeur. Une fenêtre de 1,20 × 1,25 m donne ainsi 3,70 ml de tableau. L’appui se compte à part, sur la largeur de la fenêtre, soit 1,20 ml. Une porte n’a pas d’appui. Si le marché demande des m², multipliez le linéaire par la profondeur relevée.
Le métré sert-il pour l’obligation d’isolation ?
Oui. La fiche explicative diffusée par les services de l’État indique que le seuil de 50 % d’un ravalement important s’apprécie façade par façade, hors ouvertures. Un métré qui distingue, pour chaque façade, la surface brute et les ouvertures permet donc de vérifier ce seuil. Les autres conditions, comme la nature des murs et les exceptions prévues, restent à examiner au cas par cas.

















Comment calculer la surface d’une façade ?
Le métré se fait façade par façade, et chaque façade se découpe en pans de forme simple : un rectangle pour un mur posé au sol, un triangle pour la pointe d’un pignon, un trapèze pour un mur dont le haut suit une pente. Pour chaque pan, on relève la largeur au pied du mur et la hauteur, du sol fini jusqu’à l’égout (ou de l’égout jusqu’au faîtage pour un triangle).
La surface de la façade est la somme de ses pans : rectangle = largeur × hauteur ; triangle de pignon = largeur × hauteur de la pointe ÷ 2 ; trapèze = largeur × (hauteur à un bout + hauteur à l’autre bout) ÷ 2. Un mur de 10 m de long et 6 m de haut fait ainsi 60 m² bruts, avant toute déduction d’ouverture.
Sur un terrain en pente, la hauteur change d’un angle à l’autre : relevez-la à chaque extrémité et traitez le pan comme un trapèze plutôt que d’appliquer partout la hauteur la plus forte. Notez aussi ce que la façade ne recevra pas : partie mitoyenne, zone déjà traitée, habillage conservé.
Les plans du permis ou d’un relevé de géomètre donnent une première base, mais rien ne remplace une vérification au télémètre : une façade réelle a ses décrochés, ses extensions et ses avancées d’entrée que le plan ne montre pas toujours.
Le métré n'est qu'une étape du chantier : le guide du ravalement de façade déroule les autres, du diagnostic à la réception.